Black Market Music

 

Par brian.molko.bitch@caramail.com

ENFIN ! Pourrait on se dire a l'écoute de ce troisième album ! Le groupe a enfin évolué, mais beaucoup de fans se demanderont s’ils ont bien fait.

J’ai pour ma part accueilli chaleureusement ce troisième album de la bande de Brian Molko, mais cependant, je ne vous mentirai, il a un défaut face a ses prédécesseurs : certes il est moins "linéaire" (niveau musical) si l’on
peut dire que les anciens albums, mais il devient "saoulant" a la fin. Est ce pour autant un raté ? Non je ne pense vraiment pas, car c'est de la bien belle musique.

On s'éloigne très distinctement de Placebo et de Without You I'm Nothing, pour obtenir une parfaite synthèse des deux albums.

On verra tout de suite au niveau du look du groupe qu'il a opte pour un style pseudo-gothique, dans la lignée des Cure pour l'excentricité et l'originalité.

L'album commence a un morceau très très (treeeees !) électronique : "Taste In Men", qui peut déconcerter, et
laisser penser tout comme avec le second album et son Pure Morning d'ouverture, que le groupe a pu se fourvoyer dans les facilites de la pop électro. La voix est bien celle de Brian, mais on dirait qu'il parle, et qu'il est comme "automatisé", presque aucune variante dans sa voix. Les guitares se discernent très mal, mais on reconnaît surtout la batterie energico-mollassonne ;-).

Les fans se rassureront avec les deux titres suivants : "Days Before You Came" morceau composé dans la
plus pure tradition de Placebo. Guitares saturées, batterie déchaînée et cette voix ... hummm ! ;-) Puis "Special K", assez difficile a décrire : un morceau comme ils ont l'habitude de faire, mais en évolué. On voit que le groupe perpétue bien son image d'enfant spirituel de Bowie et Sonic Youth. La batterie est toujours la, mais les guitares ont comme quelque chose de changé : un aspect saturé, mais beaucoup plus propre que d'habitude, assez bizarre et dur à décrire.

"Spite & Malice" serait pour moi le seul morceau a jeter, bien que bon tout de même. Un duo avec un rappeur américain ne peut donner que quelque chose d'unique et de surprenant, mais rien de bien transcendant. On se doute bien que Placebo ne reviendra jamais sur une telle entreprise. C'est assez drôle : la voix de Brian, une batterie, un guitare, une basse, et une voix de rappeur. Étonnant, mais pas complètement déplaisant (Heureusement que celle ci ressemble un tantinet a celle de Zack De La Rocha de RATM...).

On commence en beauté la partie déprimante de l'album avec un magnifique "Passive Agressive". Beaucoup de parler venant de Brian lors d'espèce d'"entracte", une guitare unique en son genre, et la batterie seulement présente dans les couplets et les refrains (vous me direz, mais ou n'est elle pas, ben dans des phases intermédiaires, mais assez importantes). On pourrait décrire ce morceau en disant que c'est un mixage de "My Sweet Prince" et de "I Know".

Pour se remettre de ses émotions, "Black Eyed", morceau assez joyeux, dans lequel les personnes qui avaient été charme par l'aspect "Noisy" de "Bionic" retrouveront ce style unique, et une chanson une fois de plus excellente. Batterie qui agit par saccade lors des couplets, les guitares pas la peine de décrire, et la voix assez parlée, chantée seulement vraiment dans le refrain "Black eyyyyyyyed, black eyyyyyyyyyyyed !" ;-)

Comme le groupe sait si bien faire, il nous fera naviguer entre joie et tristesse. On se retrouve donc avec un
morceau a se tirer une balle, a pleurer toutes les larmes de son corps : tadaaaaaaaa ! voici "Blue American". Ici,
une batterie, un piano et une guitare. Une voix très mélancolique, terriblement déprimante. Le tout vous fera
sombrer dans une noire tristesse, et une certaine nostalgie (pas besoin d'avoir vécu des choses sur cette chanson, c'est "mystique" ! ;-) ).On se demande ce qui est passe par la tête de Brian quand il a composé ce titre.

Comme vous aurez pu le deviner, pour éviter que l'on se jette du 15ème étage du premier building qu'on aura vu, on se retrouve avec une belle ballade, pas vraiment Rock, seulement "Placeboment Evoluée". ;-) "Slave to the Wage" : ce titre vous le connaissez certainement : il passe a la radio, et même le clip était sur M6 (mais si, la fille dans un monde qui se décompose...). Je sais pas pourquoi, mais ce titre est émouvant. Il me titille quelque chose qui fait que je verserai bien une larme. Assez bizarre. Il y a la batterie énergique typique de Placebo, la basse qui a toujours son rôle très important dans l'alchimie des morceaux du groupe, et bien sur la voix et la gratte de Brian Molko toujours aussi terrible.

Puis vient "Commercial for Levi", un morceau particulier, a mettre dans la lignée des Black Eyed, mais moins compliquée musicalement : une batterie, et il me semble qu'il y a une guitare et une basse, enchaînant des accords tout a fait simplet, mais diablement efficace. Puis la voix envoûtante de Brian ajoute une touche tout a fait particulière a ce morceau qui est l'un de mes préférés.

Encore un morceau à tendance "Noisy" : "Haemoglobin". Guitare saturée, basse excellente, batterie très présente. La voix semble être comme celle sortant d'un haut parleur, elle a dû être assez mixée, mis a part dans le refrain. Ce morceau est tout a fait excellent, et montre que l'évolution a été payante ! Un excellent titre qui montre la créativité du groupe.

On se retrouve a un morceau qui ressemble assez a "Burger Queen", en plus "aigu", il a quelque chose de plus positif par rapport a ce dernier. La batterie se démarque très peu, et n'est pas très violente. La basse se fait extrêmement sentir, et la guitare ne sort que 3 accord toutes les 5 secondes, toujours assez aigus pour qu'ils résonnent assez longtemps.

"Peeping Tom", bien qu'étant une satyre du voyeurisme, est une très belle chanson, et contrairement a ce que l'on pourrait croire, elle est très douce, et planante. Il y a piano, et tous les sons sont en échos ce qui donnent au morceau une dimension de musique "aquatique". Il faut l'entendre pour comprendre. La voix est impeccable bien qu'un peu insipide : trop peu de variation dans le timbre de voix.

Et bien sur, Placebo nous laisse un petit bonus : ici c'est "Black Market", morceau m'ayant tout de suite fait
pensé à un "Every You, Every Me". La basse se fait encore une fois imposante. On a le droit a des cordes :
violoncelles si je ne me trompe pas peut être même une harpe (très peu employée), un piano aussi, mais il n'y a pas de batterie, ou de très rares interventions.

Cet album est très différent, et mérite plusieurs écoutes amon avis pour être pleinement apprécié. Black Market Music montrera un important tournant dans la carrière du groupe, ainsi qu'un emploi assez important d'un nouvel instrument : le piano.

De plus cet album s'est accompagne d'une flopée de singles, dont un avec la fantastique reprise de Robert Palmer, "Johnny and Mary".

Album de l'évolution, Black Market Music est à mon goût indispensable a tous les fans du groupe car très important dans son histoire, et peut permettre a des gens de découvrir le groupe par une musique tout de même plus accessible, car plus nette, plus mélodieuse et plus propre (bye bye les saturations de guitares...).