Without You I'm Nothing
Par brian.molko.bitch@caramail.com
Alors, alors ... quoi-qui-na de changé par rapport au premier LP éponyme du
groupe ? Ben franchement, au début, on voit pas trop en fait. Pas de
changements révolutionnaires : les mélodies ressemblent énormément a celles
du premier (mélodies assez simple et entraînantes), on a l'impression que
Placebo est tombe dans la machine musicale a faire du fric...
Mais au bout de plusieurs écoutes (j'ai longtemps boude cet album au profit du
premier), on se rend compte que la musique est beaucoup plus travaillée, moins
"violente" si l'on peut dire, et beaucoup plus belle et sensible. On
peut voir aussi très clairement que Brian s'était bel et bien fait larguer
pendant la composition de l'album...
Parlons maintenant des morceaux qui nous sont proposés : 12 titres plus un
morceau bonus assez zarb'.
Ca commence donc avec un superbe "Pure Morning", ou tout se joue sur
l'instrumentation. La voix de Brian Molko ne change pas de ton, on a
l'impression qu'il est comme lasse, ce qui donne au morceau une dimension
planante. Contrairement au chant, les guitares elles évoluent du grave a l'aigu
avec un certain entrain, mais la batterie est mollassonne comme le chanteur. Ce
morceau est une splendide ode a l'amitié.
Vient alors "Brick Shithouse", piste marque au fer rouge de la marque
Placebo. On reconnaît tout de suite le groupe : une batterie qui se déchaîne,
des guitares bien saturées qui restent cependant mélodiques et surtout notre
ch'ti Brian et sa voix unique.
Puis "You Don'T Care About Us", ou l'on reconnaît encore une fois
Placebo, mais (malheureusement) tout se déchaîne que lors du refrain.
Autrement c'est une ballade Rock assez gentillette, assez entraînante et plutôt
charmante.
Commence a venir les morceaux les plus beaux du groupe. Tout d'abord "Ask
for Answers". Une batterie qui se distingue a peine du reste des
instruments. Ce sont surtout la guitare et la basse qui se démarquent au cours
de cette chanson. Une guitare qui joue dans l'aigu en parfaite harmonie avec le
chant assez aigu de Brian. C'est un morceau idéal pour s'endormir, pour avoir
une musique de fond ou tout simplement se détendre.
Je pense que la chanson "Without You I'm Nothing" est la perle de cet
album. On se retrouve avec des guitares purement électriques, saturées, avec
un son plutôt "mal" propre, mais la mélodie est la, parfaite,
l'ambiance
dégagée par ce morceau es troublante, magnifique d'une particularité qu'aucun
autre groupe a su créer a mon goût. Vers la fin de ce morceau, il y a l'apothéose,
la voix clame tout son désespoir sur un fond de guitare qui monte le son
progressivement, quelque chose de magique, et toutes les émotions que dégagent
cela vous poussent a en pleurer. Il est a note que les paroles sont une poésie
d'une qualité remarquable. Il faudrait pouvoir aussi écouter le duo Molko/Bowie
sur ce fameux morceau, c'est quelque chose d'unique : le grave et l'aigu dans
une osmose qui dépasse l'imagination.
Pour se remettre du coup de barre passe, on a droit à "Allergic (to
thougts of Mother Earth)", un morceau entraînant qui donne la pêche et
met de bonne humeur : conseiller pour les réveils difficiles ! ;-)
Puis pour replonger dans la déprime, "The Crawl" vous fera sombrer
dans une sombre mélancolie. Une batterie planante, et des guitares qui jouent
un hymne a la tristesse. La voix est toute tristounette et vous retournera les
tripes. Encore un chef d'œuvre de Placebo.
Vient alors, le célèbrissime "Every You, Every Me", thème principal
du film Cruel Intentions, et qui aura servi au groupe d'une rampe de lancée
vers le succès. Qui n'a pas succombe au charme de cette ballade Rock aux
paroles connues de tous ? Le groupe nous signe un VRAI tube, et c'est pas de la
daube comme les soit disant hits Spearesque, Lopezesque, Alizee-esque et autre
infamie dans le genre ! Morceau dans le pur esprit de Placebo : ça bouge, c'est
bien et ça fout une de ces pêche !
"My Sweet Prince", chanson qui a été écrite en pleine période de déprime
du chanteur, est dédiée a l'ex (masculin bien sur) de Brian Molko qui était complètement
perdu a la suite de cette rupture, et ça se sent ! Uniquement une batterie et
une guitare accompagneront la voix désespérée ou toutes les sonorités sont
mises en écho, je vous raconte pas l'effet produit sur l'auditeur !
"Summer's Gone" est comme on peut le deviner rien qu'au titre, un
morceau plutôt joyeux, qui réveille et met aussi de bonne humeur. La guitare
sort un nombre incroyable de sonorités, toutes gaies. Ceci ajoute au chant vous
remettront les idées en place, et essentiellement de l'espoir ! ...après le désespoir,
l'espoir ! ;-)
Puis "Scared of Girls" vient renouer la tradition des morceaux "placebo-ïens"
plein d'entrain. Des guitares qui
se déchaînent (je vous raconte pas le solo !) et une batterie qui sort des
combos a chaque rythmes commences. Ca défoule !
"Buger Queen" est peut être l'une des chansons les plus célèbres du
groupe notamment grâce a l'adaptation
française. L'histoire d'un mec en manque de cul et de sentiments ... Un vrai régal
dans la langue de Molière ! Mais la chanson fait aussi passer un message des
plus intéressants : "Things aren't what they seem", chose que de nos
jours, on a tendance a oublier ! Les deux guitares et la batterie se font bien
sentir dans ce morceau. Il est de ceux a classer dans la catégorie
"planant". Un bijou !
Pour finir, on a droit a un bonus passant en boucle un message que Brian a reçu
sur son répondeur, celui d'un vrai psychopathe. C'est assez effrayant quand on
a la traduction ! Le morceau est plutôt axe Electro-Rock (mais plus Rock quand même
!). Ca bouge, mais ça reste de la musique très sombre.
Placebo nous laisse donc la un parcours musical sans faute, et peut être le
meilleur album qu'ils aient enregistre pour le moment ! Pour moi ça l'est en
tout cas. Tout est plus abouti, plus recherche. L'album a plus de consistance,
plus de profondeur, c'est un véritable régal pour nos pitites oreilles. Le
groupe n'a pas vraiment évolué, mais a affiné son travail, tout est plus
rigoureux. L'évolution tant attendue (qui comme n'a pas été au rendez vous
avec cet album, a déçu des fans), arrivera avec leur dernier bijou, Black
Market Music.
De plus ce LP est adapte a tous les états d'âmes : vous pouvez l'écouter
aussi bien lors d'une déprime que pendant une période ou tout va bien, cet
album est polyvalent ! Et indispensable !!!